‏Article - Le Soir - 1 décembre 2008

Publié le par Ecole Supérieure d'Acteur de Liège

Crise au Conservatoire

MOREL,PIERRE

Lundi 1er décembre 2008

Liège L’école d’acteurs lasse de faire de la figuration

     Ecole d’acteurs en sursis » : la banderole barre l’entrée du bâtiment occupé par l’École supérieure d’Acteurs cinéma et théâtre (Esact) du Conservatoire de Liège. Là, dans l’ancien Institut de Mathématique du Val Benoît, l’école s’est trouvé un « outil de travail extraordinaire », comme l’affirme Jérôme de Falloise, président du conseil étudiant. Une cafétéria conviviale, des salles de cours et espaces de travail polyvalents, les anciens grands amphis transformés en salles de théâtre, des « loges » improvisées dans d’anciens bureaux, un espace sanitaire en blocs de béton nu : l’aménagement des lieux sent la débrouille mais il est fonctionnel.


     « C’est nous qui avons trouvé ce lieu, qui nous sommes battus pour le faire acheter par la Communauté française, qui avons monté et porté, seuls, un projet que la Communauté française a accepté de subventionner », souligne Nathanaël Harcq, responsable de la formation des acteurs.


     « Nous », « seuls »… Il faut comprendre sans l’appui de la direction du Conservatoire, qui chapeaute l’Esact (93 étudiants et 20 postes de pédagogues) et le Conservatoire de musique (220 étudiants). Une direction qui, depuis toujours, est assumée par un musicien et qui ne porterait à l’Esact que « désintérêt et condescendance », selon les professeurs et étudiants. « L’actuel directeur ne vient jamais voir les travaux des étudiants, continue Jérôme de Falloise. Aucun étudiant ne connaît son visage ! »


     Dès lors, l’Esact fonctionne pratiquement de manière autonome, Nathanaël Harcq en assume la gestion quotidienne. « Mais officiellement, je ne suis qu’un professeur, reprend-il. Et selon la loi, un professeur doit donner cours. Pas organiser la vie de l’école, choisir les pédagogues, trouver les subsides, créer et assumer les relations internationales (…) Depuis des années, nous réclamons la création d’un poste de responsable pédagogique. Comme nous ne sommes pas entendus, nous avons décidé qu’à partir du 19 décembre prochain, je retournerai dans ma classe. La direction sera alors chargée de porter le projet pédagogique. »


Une véritable séparation ?


     Une perspective qui inquiète grandement les étudiants : « Ce serait sans doute la fin de l’école, soupire Jérôme. La direction du conservatoire n’a ni l’envie ni les compétences pour porter notre projet. »


     Outre ce poste de responsable, l’école d’acteurs réclame aussi un poste de régisseur technique et un budget spécifique : « A Maastricht, l’école d’acteurs dispose de 12 employés en dehors du cadre pédagogique, soupire Nathanaël. Nous, nous avons une femme d’ouvrage à mi-temps et une surveillante. » Étudiants et pédagogues se rendront ce lundi au cabinet de la ministre communautaire de l’Enseignement supérieur, Marie-Dominique Simonet (CDH), pour porter leurs revendications. Derrière lesquelles il n’est pas difficile de voir poindre une volonté d’autonomie… complète. « Conservatoire de musique et école d’acteurs sont réunis en une même entité administrative mais dans les faits, les deux écoles sont complètement indépendantes. Cette séparation aurait du sens : Maastricht a séparé les deux écoles il y a 30 ans. Et à Paris, la scission date de… 1946. »


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